1er juillet 1996
De nous, il me reste des souvenirs auxquels me cramponner, une belle cicatrice qu'on gratouille un peu, parfois, lorsqu'il est bon de souffrir un peu pour se sentir mieux vivre ; c'est doux de savoir que l'on a vécu une belle histoire d'amour, un peu déchirante et passée mais qui vous rend encore, au détour d'un chemin de la mémoire, l'âme un peu navrée ... .
Un souvenir, c'est comme une batterie, si on ne le recharge pas, il s'éteint. Un jour, j'aurai des souvenirs sans jus.
Je n'y pense plus. Pour être plus exacte, cela fait un moment que je réussis le plus souvent à penser à autre chose.
Il y aura un jour où je ne me forcerai plus du tout.
Des bruits, des odeurs, une ambiance colorée et épicée ... . Il y avait un restaurant sur une île, un restaurant entouré de verdure, au bord d'une plage superbe ... . Ne plus y penser, ne touche plus, ... laisser mourir.
Ca vit toujours en moi.
Les musiques ralentissent, les images s'éffacent ... . Je pense que j'arrive à sourire.
C'était en Afrique autrefois, et tu étais ma vie.
Je voudrais t'avoir dit tant de choses ... et j'en connais si peu.
Et puis, je ne suis plus la même, et il faudrait enfin que je connaisse cette différence, je voudrais tout éclaircir, pouvoir comprendre ce qui est arrivé ... .
Je crois savoir à présent. J'ai tout eu soudain : les rires, les joies, l'autre bout du monde, l'amour, toi, ce que personne n'aurait osé rêver. Tout cela aurait pu n'être qu'un décor pour un regard, j'aurais traîné le long des rues sales d'une ville lointaine ... mais il en a été autrement, cette fois la VIE n'était pas pour une autre. J'ai été vivante un peu plus de cinq mois.
Aujourd'hui, j'ai presque besoin de cette douleur qui me brise pour ne pas recommencer à mourir.
Qu'est-ce que cela va être la vie, à présent ?
Il y a désormais, là-bas, tout en bas à gauche de la carte du monde, une ville étrange et colorée qui contiendra éternellement la partie vitale de moi-même.
J'y retournerai ... un jour ... plus tard.
La vie continue, sans hâte, dans les gestes répétés ... .
Je ne saurai jamais quels sont les moments où tu te souviendras de nous ... .
Mon Dieu ... je ne pourrai pas tenir.
Ne pas regarder en arrière. Si je me retourne, je verrai un rêve qui ne sera jamais construit et qui aurait pu réunir le sommeil de deux amants ... .
Amoureuse comme à quinze ans, folie pure, je ne sais plus où j'en suis. Tout est terminé et il me faudra vivre du passé.
J'en mourrai, j'en vivrai, je ne sais pas encore.
Je viens d'apprendre que l'on peut recommencer tout à chaque instant et en même temps on ne le peut jamais.
Il m'a été donné de vivre pour aimer un homme ... et cet homme c'était toi. Je n'aime que toi, tout bêtement, j'ai fait du chemin pour cela, j'ai mis trente années à te trouver et je ne t'aurai gardé que peu de temps.
Avec toi, j'ai appris l'amour, j'ai découvert ce que s'abandonner à quelqu'un voulait dire et lorqu'après l'amour, tu retombais sur moi, fatigué, le coeur battant, et du bonheur plein les yeux, alors je savais qu'auprès de toi je serais sans retenue, comblée de bonheur.
Je sais aujourd'hui, que tu ne cesseras jamais d'être la fin de mon voyage.
J'ai toujours eu conscience que jamais tu ne serais à moi seule, qu'il me faudrait faire bien des sacrifices. Je savais que je passerais toujours après ta famille.
Je l'acceptais et je l'accepte toujours, mon seul crime c'est d'avoir rêvé mais tu es aussi coupable que moi.
Je savais ... mais ça n'avait pas d'importance puisque tu m'aimais.
Est-ce que tu m'aimes encore ?
Moi, oui ! Il faudrait m'arracher le coeur pour que cela s'arrête, et ça, tu ne peux pas me le demander.
S'il-te-plait, j'existe encore, ne me rejette pas totalement, je ne pourrai pas le supporter.
Accorde-moi au moins la faveur de ton amitié et garde-moi ta confiance, j'en ai besoin et je m'en contenterai si c'est réellement ce que tu veux au fond de ton coeur. J'espère seulement que notre complicité n'est pas morte. Moi, je serai toujours là pour toi, pour tes cafards et tes chagrins. Si tu en as besoin, tu peux compter sur moi. N'hésite pas !
Ne laisse surtout jamais personne décider de tes rêves à ta place.
Maintenant, il reste peu de temps pour le rire, après il n'y aura plus qu'à laisser alle la mémoire.
Je vais me souvenir ... la VIE Eddy, la vie en quelques mois.
Merci pour le cadeau.
Je t'aime
Christine
Vos blalas